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Médicaments et canicule 

Quels médicaments risquent-ils de souffrir de la canicule ?

Certains médicaments peuvent exceptionnellement souffrir de la chaleur en période estivale.

Capsule canicule web

En résumé, on retiendra les points suivants :

  • De manière générale, une température qui dépasse 30°C durant quelques jours voire quelques semaines n’altère pas la qualité des médicaments qui se conservent habituellement à température ambiante.
  • Il est toutefois conseillé d’appliquer les mesures suivantes :
    1. Les suppositoires et les ovules, formes galéniques sensibles aux élévations de température, devraient être temporairement stockés au frigo. Si l’apparence extérieure de ces médicaments est modifiée, ils ne doivent pas être administrés.
    2. Les insulines (typiquement, les stylos des patients gardés habituellement à température ambiante après ouverture) ne devraient pas être remis au frigo, mais entreposés dans un emplacement à l’ombre et frais. L’exposition à une température caniculaire peut diminuer leur efficacité. En cas de doute, il est conseillé d’assurer un suivi rapproché des glycémies.
    3. Dans la mesure du possible, on favorisera le stockage des produits dans des locaux climatisés. Ainsi, les surplus de stock peuvent être retournés à la pharmacie, préservée des écarts de température.
    4. On s’efforcera de maintenir dans les locaux de stockage les meilleures conditions possibles de température, par exemple en fermant stores et fenêtres le jour, et en laissant l’air extérieur circuler la nuit. 

La canicule augmente-t-elle le risque d'effets indésirables de certains médicaments ? 

Lors d’une canicule, certains médicaments sont susceptibles d’augmenter l’incidence de problèmes tels que la déshydratation et le coup de chaleur, problèmes auxquels sont notamment exposés les personnes âgées, les nourrissons et les insuffisants rénaux :

1. Médicaments pouvant entraîner une déshydratation et/ou des troubles électrolytiques : diurétiques, en particulier les diurétiques de l’anse comme le torasémide (Torem®) et le furosémide (Lasix®). 

2. Médicaments qui peuvent altérer la fonction rénale : anti-inflammatoires non stéroïdiens, antihypertenseurs agissant sur l’angiotensine lisinopril, losartan, irbésartan (Aprovel®), antagonistes  de  l’aldostérone  (spironolactone), et les médicaments néphrotoxiques.

3. Médicaments dont la cinétique est altérée lors de déshydratation : sel de lithium, digoxine, anti-épileptiques, certains antidiabétiques oraux (metformine et sulfonylurées), statines (atorvastatine, pravastatine, etc.) et fibrates.

4. Médicaments perturbant la thermorégulation : neuroleptiques, antidépresseurs, tramadol, anticholinergiques, anti-histaminiques, spasmolytiques urinaires, certains anti-migraineux, bétabloquants, hormones thyroïdiennes, inhibiteurs de la cholinestérase, etc. 

5. Médicaments pouvant induire une hyperthermie : neuroleptiques (risque de syndrome malin des neuroleptiques) ; antidépresseurs, antimigraineux de la famille des « triptans », tramadol (risque de syndrome sérotoninergique), etc.

6. Médicaments pouvant aggraver les effets de la chaleur : anti-hypertenseurs, anti-angineux, médicaments pouvant altérer la vigilance.

Il est par conséquent important, lors d’une vague de chaleur : 

  • d’évaluer l’état d’hydratation des patients à risque et de contrôler leur fonction rénale ;
  • de réadapter si nécessaire les doses des médicaments selon la clairance à la créatinine ;
  • d’identifier les médicaments pouvant altérer l’adaptation à la chaleur et de réévaluer si nécessaire leurs dosages, posologies et indications.

Autres sources d'information

Pour des informations complémentaires sur les précautions à prendre en période caniculaire :